Bibliothèque de Soin ILS

Partie 7 · L'aidant

La culpabilité, la colère et les nuits sans sommeil

Contenu en cours de relecture professionnelle avant publication.

1La culpabilité et la colère sont normales

Le problème

Presque tout aidant ressent, à un moment, de la colère, du ressentiment ou l'envie que cela s'arrête, et juste après une énorme culpabilité de l'avoir ressenti. Ce va-et-vient épuise de l'intérieur.

Ce qui se passe à l'intérieur

La culpabilité et la colère ne font pas de vous une mauvaise personne ni un mauvais fils ou une mauvaise fille. Elles sont la réponse attendue à une charge très lourde et souvent injuste. La culpabilité, justement, vient souvent de tout ce qui vous tient à cœur.

Pas à pas

  1. Nommez-le au lieu de l'avaler : « je suis fatigué », « je suis en colère », « j'ai besoin d'une pause ». Le nommer fait baisser la pression.
  2. Échangez la culpabilité contre quelque chose de plus juste : au lieu de « je suis un mauvais fils », « je suis dans une situation difficile et je fais ce que je peux ».
  3. Donnez-vous la permission de ne pas être parfait : personne ne soigne bien vingt-quatre heures sur vingt-quatre sans jamais se tromper.
  4. Lâchez la barre impossible : vous faites déjà énormément, même si certains jours se passent mal.
  5. Parlez de ce que vous ressentez avec quelqu'un de confiance ou un groupe d'aidants : le nommer avec d'autres soulage.

Ce qu'il ne faut jamais faire

  • Ne vous punissez jamais de ressentir ce que n'importe qui ressentirait à votre place.
  • Ne gardez jamais tout en silence : la culpabilité gardée pour soi grandit.
  • Ne mesurez jamais votre affection à votre perfection : elle se mesure à ce que vous faites.

Quand demander de l'aide

Si la culpabilité ou la tristesse ne se relâchent pas, parler à un professionnel aide vraiment. Ce n'est pas de la faiblesse : c'est prendre soin de vous pour pouvoir prendre soin.

2Prendre soin de votre repos n'est pas de l'égoïsme

Le problème

Beaucoup d'aidants sentent que se reposer, c'est abandonner la personne qui dépend d'eux. C'est ainsi qu'ils atteignent l'épuisement, et là le soin comme l'aidant sont mis en danger.

Ce qui se passe à l'intérieur

Le repos n'est pas une récompense pour avoir bien soigné : c'est la condition pour pouvoir continuer à soigner. Personne ne donne bien à partir du vide. Et un aidant épuisé se trompe davantage.

Pas à pas

  1. Protégez un moment régulier rien que pour vous, même vingt ou trente minutes : commencez à vous rendre quelque chose à vous.
  2. Demandez de vrais relais : qu'une autre personne ou un service prenne le relais pour que vous puissiez dormir ou sortir.
  3. Prenez soin de votre santé de base : manger, bouger, dormir. Ce n'est pas un luxe, c'est ce qui vous tient debout.
  4. Prenez la fatigue au sérieux : dormir très peu altère le jugement un peu comme l'alcool, et des erreurs apparaissent avec les médicaments ou au volant.
  5. Acceptez que se reposer fait de vous un meilleur aidant, pas un pire : la personne que vous soignez a aussi besoin de vous entier l'an prochain.

Ce qu'il ne faut jamais faire

  • Ne traitez jamais votre repos comme quelque chose que vous « n'avez pas mérité ».
  • Ne conduisez jamais et ne donnez jamais de médicaments au bord de l'épuisement : le risque est réel.
  • Ne remettez jamais votre propre santé à « quand il y aura le temps » : ce temps, il faut le créer.

Quand demander de l'aide

Si vous n'obtenez aucun répit malgré tous vos efforts, le chapitre des chemins, des aides et des droits vous montre des appuis possibles. Un travailleur social peut vous aider à obtenir des relais.

3Les nuits et quand chercher de l'aide

Le problème

Les nuits sont parmi les plus dures : la personne se réveille, se lève, il faut l'accompagner, et l'aidant ne dort presque pas. La fatigue s'accumule et pèse sur tout.

Ce qui se passe à l'intérieur

Que la personne se réveille beaucoup la nuit peut avoir une cause que l'on peut traiter : une douleur, une infection urinaire, un effet d'un médicament, ou la confusion du soir. Ce n'est pas toujours « c'est comme ça, voilà ».

Pas à pas

  1. Si elle se réveille souvent la nuit, dites-le au médecin : parfois il y a une cause traitable derrière (voyez le chapitre des médicaments et celui de la démence).
  2. Partagez les nuits si vous le pouvez : que quelqu'un d'autre en couvre certaines, ou un service de nuit, pour que vous dormiez d'affilée par moments.
  3. Prenez soin de votre propre sommeil : une routine, moins d'écran avant de dormir, profiter des siestes quand la personne se repose.
  4. Faites attention à votre moral : une tristesse qui ne se relâche pas, l'abattement ou le sentiment d'être sans espoir sont des signes pour demander de l'aide. La dépression de l'aidant est fréquente et se soigne.
  5. N'attendez pas de toucher le fond : demander de l'aide tôt est plus facile et plus efficace.

Ce qu'il ne faut jamais faire

  • Ne supposez jamais que le réveil nocturne « n'a pas de solution » sans le faire vérifier.
  • Ne portez jamais toutes les nuits seul, mois après mois, sans chercher de relais.
  • N'ignorez jamais les signes de dépression en vous : ils méritent attention comme toute autre santé.

Quand demander de l'aide

Si vous vous sentez sans espoir, très triste ou dépassé la plupart du temps, parlez à un professionnel de santé ou à quelqu'un de confiance. C'est un sujet sensible et vous n'avez pas à le traverser seul ; de l'aide et du soutien existent.

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